"NNAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAANN"
Je sursaute. Qu'est-ce qu'il passe? Les martiens attaquent? J'ouvre et les yeux et je ne vois rien du tout!! Que du noir. Je tourne la tête vers le reveil qui indique 02h05. Mes yeux s'habituent peu à peu à la pénombre et j'aperçois Bill, assis à côté de moi, appuyé sur ses bras. C'est lui a crié. Il marmonne des mots incompréhensibles et se laisse aller sur le lit. Il se cache le visage entre ses mains. Il tremble. Je m'allonge à côté de lui. Il se tourne et enfoui son visage dans mon cou. Il me sert fort contre lui. Je sens quelque choses de mouillé sur mon épaule.
Moi: Bill? Qu'est-ce qui se passe?
Bill: Il y avait des cadavres partout... Des gens que je connais... Je te cherchais... Tu baignais dans ton sang, mais tu agonisais encore... J'pouvais rien faire... Rien... Puis, y a des gens qui sont arrivés qui... Qui t'on fusillés... Ils t'ont tué sous mes yeux... J'pouvais rien faire... Je t'aime...
Moi: T'inquiètes pas, j'suis là. Tout va bien. Je suis là...
Il se calme peu à peu. Et il finit pas s'endormir dans mes bras. Je le regarde. Il est calme et serein à présent. Moi, je n'arrive pas à me rendormir. J'ai peur. Peur pour moi, pour lui, pour nous. J'ai peur qu'on nous sépare. Peur de lui dire adieu. Peur qu'il me dise adieu. J'ai peur...
À 7h06, je me lève. Près de 5 heures que je suis reveillé. Inutile que je reste ici. Je pars dans la salle de bains et je prends une longue douche chaude. Je me lave de mes soucis. Je me trouve pitoyable.
Je descends dans la cuisine, je prends une tasse de café et je sors dans le jardin. Il fait froid. Le soleil est en train de se lever.
Aujourd'hui on est lundi. Le lycée est fermé pour grève. Simone et Erik rentre en fin d'après-midi. J'ai dormi avec Bill: on sort ensemble.
10H. Je suis dans un supermarché. Je m'ennuyais alors, j'ai décidé d'aller faire les courses afin de préparer un bon diner pour Simone et Erik. Ils savent que je bois, que je fume. Mais ils n'ont rien dit. Ils espèrent que j'arrête mais ils ne m'ont pas enguelés ou sermonés. Ils se doutent bien que c'est par rapport à une raison bien précise que j'ai réagi comme ça. En plus, ils n'ont rien dit à mes parents. Je ne veux pas les inquiéter. Je suis toujours une gentille petite fille pour eux. Je ne veux pas les effrayer et qu'ils me rejettent.
Mon portable vibre.
Moi: Allô? Bill?
Bill: Oui, c'est moi.
Moi: Ca va?
Bill: Mooui... T'es où?
Moi: Au super-marché. Je rentre dans une demie-heure.
Bill: Mmh... Tu me manques...
Moi: Toi aussi mon coeur...
Bill: Euh... Je voulais m'excuser et te remercier pour cette nuit. J'ai eu peur...
Moi: C'est normal. Tu as fais la même chose pour moi.
Bill: Je t'aime.
Moi: Moi aussi... Je vais y aller... Je dois me depepcher si je veux arriver dans 1/2 heure.
Bill: Bon alors je te laisse. A tout à l'heure. Bisous.
Moi: Bisous.
Il est trop mignon. Je l'aime, y a pas de doute.
14h. De retour à la maison. Je prépare un gateau pour ce soir. Bill m'aide pour les ingrédients et tout le reste. On discute de tout et de rien. De temps à autres, il m'embrasse. J'adore: avant il goute le chocolat et ses lèvres en ont le goût. Miamm...
16h30. Le gateau est au four. On prépare des tomates farcies et l'apérétif. Je suis crevée. Comme en plus, j'ai pas beaucoup dormi et que j'ai pas beaucoup mangé. Je sors dehors pendant 10 minutes. Je sors une cigarette de ma poche. Bill est toujours dans la cuisine, il coupe des tranches de concombres. Le plus ennuyant, je sais. Mais c'est sa punition, il m'as mis de la farine dans les cheveux tout à l'heure et maintenant, je ressemble à une vieille mamie.
Tout à coup, j'entends un hurlement. Qu'est-ce qu'il se passe encore? Je rentre dans la cuisine. Un araignée est par terre. Bill est debout sur une chaise. Il se tient le bras. Un couteau a été jeté par terre. Il y a des gouttes de sang sur le sol.
Moi: Biiil, qu'est-ce qui s'est passé? Ca va?
Bill: Sandra, aides-moi!!! Ya une araignée par terre. J'ai sursauté et je me suis coupé! Ecrases-là s'il te plaît. Sinon, je descends pas de ma chaise!
Moi: Mais... J'aime pas les araignées moi aussi!
Bill: M'en fous, écrase-là. C'est moi qui en ait le plus peur!
Moi: Euh... D'accord.
Je m'approche de l'araignée avec une chaussure. Je ferme les yeux et j'abbat la chaussure sur la bête immonde. Maintenant, il y a une araignée collée sur ma chaussure!!! Bouark!
Bill descend de sa chaise. Il tient toujours son bras. Il a du sang sur les doigts.
Bill: Merci!
Moi: La prochaine fois, c'est toit qui l'écrase et avec TA chaussure! Bon fais-voir ton bras.
Il soulève sa main. Il s'est bien entaillé quand même. Tout ça à cause d'une petite bête!
Moi: Ca fait mal?
Bill: À ton avis?
Moi: Bon viens, je vais te soigner.
On monte tout les deux dans la salle de bain. Il s'asseoit sur le rebord de la baignoire.
Bill: Je suis ridicule...
Moi: Pourquoi ça?
Bill: Parce que. Je fais des cauchemars ridicules, j'ai peur des araignées et je me coupe comme un c*n.
Moi: Mais non, c'est pas ridicule. C'est humain. Bon, je vais désinfecter, ça va piquer.
Bill: J'aime pas quand ça pique... Ah tu vois, c'est de ça dont je te parles. Je suis une chochote...
Moi: Ralàlà... Les mecs sont tous pareils...
Bill: C'est à dire?
Moi: Vous êtes tous trop fiers. Vous vous interdisez de pleurer, d'avoir peur.
Bill: Mais nan!
Moi: Mais si. Bon maitenant, arrêtes de bouger, je te mets un pansement. T'es pas doué quand même! Ce que je veux dire, c'est que c'est pas grave si vous montrez vos sentiments. Au contraire, ça attire les filles un garçon sensible.
Bill: Ah bon? Faut que je retienne! Aïe! C'est bon, je rigolais... Donc en fait, c'est pas grave? C'est ça?
Moi: T'as tout compris. P'is, de toute façon je t'aime comme tu es!
Bill: C'est vrai ça?
Moi: Bien sûr.
Il se relève. Il m'entoure la taille de ses bras et il me regarde amoureusement. J'adore quand il fait ça. On s'embrasse. Je suis contre le mur.
Soudain, on entend un hurlement. Je me décollé à contre coeur des lèvres de Bill. On descend les escaliers.
Il y a de la fumée dans le cuisine et ça sent le cramé. C'est Tom qui a crié.
Tom: C'est quoi ce bin's???? Ya un truc qu'à cramé.
Je me précipite dans la pièce et je soulève le courvecle de la casserole. Le riz est foutu. L'eau a débordé, et le riz est collé au fond. J'ouvre le four. Le gateau au chocolat est un chouille trop cuit, mais il sera quand même bon... J'espère.
Moi: Oh non... On va manger quoi avec les tomates maintenant???
Bill: Mais t'inquiètes pas. Il y a des pâtes dans le placard.
Moi: Mais je voulais du riz moi! Pff... De toute façon il est trop tard. Va pour les pâtes.
Tom: Eh, j'aimerais bien qu'on m'explique, pourquoi y a un couteau avec du sang par terre et une chaussure sur laquelle est collée un cadavre d'araignée?
Vu comme ça la situation est comique. Bill et moi, on explose de rire. Tom nous rejoint. Et au moment où Simone et Erik rentrent dans la maison, ils aperçoivent trois adolescents dont l'un avec de la farine dans les cheveux, morts de rire dans une cuisine qui empeste le cramé.
Simone: Bonjour les jeunes. Bonne semaine on dirait?


