[J'ai encore le gout de son baiser sur mes lèvres. Je marche dans la rue comme une zombie, sans regarder autour de moi. Je pourrais me faire écraser, je ne le remarquerais même pas. Je pense juste à Bill et à cette connerie de séparation. Tout d'un coup, j'explose en sanglots, sans prevenir. Les larmes roulent sur mes joues, et tombent sur le sol. Je m'appuie au reverbere, sous la lumière jaune, et je lève la tête vers les étoiles. Peut-être qu'elles entendront mes prières et qu'elles accepteront de remonter le temps. Mais mon regard d'arrête avant: à la fenêtre, en face de moi, se dessine parfaitement la silhouette de Bill. Mes larmes redoublent. Je murmure pour moi même:
"-Pourquoi tout ça? Je comprends rien..."
J'enfouis ma tête entre mes mains, avant de hurler dans le silence de la nuit:
"-Je t'aime".
Bill n'est plus à la fenêtre.]
[Demain. Je repars en Allemagne, demain. Je vais revoir ma famille, mes amis... La musique. Voilà ce que je vais retrouver.
J'ai décidé de ne pas vendre mon appart' à Sydney, je sais que je reviendrais ici. Parce que...? Parce que c'est là qu'elle habite. Non, arrête de te faire du mal Bill. Parce que j'aime cette ville. C'est mieux nan? Pff...
Pour mon dernier jour en Australie, je vais aller boire dernier capuccino au café de Carmen. Je me prépare plus longuement que d'habitude. J'allume une cigarette dans la rue. Oui, je recommence à fumer. Tant pis. J'ai les mains moites lorsque je pousse la porte vitrée. Je m'asseois au comptoir, un homme me sert mon capuccinno. Carmen n'est pas là on dirait. Je finis ma tasse en lisant un magazine qui trainait sur le comptoir quand soudain un bruit de verre cassé me fait sursauter. Je relève la tête et aperçoit Carmen, rouge comme une tomate, qui ramasse les morceux de verre sur le sol. En une semaine, elle semble avoir maigri. Ses yeux sont cernés et un paquet de cigarettes dépasse de sa poche. Sans importance: Carmen est quasi-insomiaque, maigrit et grossit à volonté, et je sais qu'elle fume de temps à autre. Et puis, je suis pareil depuis quelques temps, donc...
Elle se relève et croise mon regard:
"-Salut, ça fait longtemps.
-Des choses à faire."
Elle acquiesse. Elle se sert un café, et s'asseoit en face de moi en sortant une cigarette de sa poche.
"-T'as pas du feu?"
Je lui passe mon briquet.
"-Je croyais que tu avais définitevement arreté.
-Je croyais aussi pour toi."
Un silence s'installe. On est que tous les deux dans le café, si on exclut Kate et un autre serveur qui se tripote dans le fond de la salle.
Carmen allume la radio pour combler le blanc. Mon coeur se sert quand j'entends "Freunde Bleiben". Dire que je dois partir.
Carmen me fixe en penchant le tête sur le côté. Ses yeux, orange et marrons, sont froids.
"-C'est toi qui chantes, pas vrai?
-Comment t'as deviné?
-Facile."
Elle hausse les épaules et continue de boire son café.
"-J'avais 16 ans à l'époque, ma voix n'avait pas encore mué."
Je la contemple, elle fixe ses ongles rongés.
"-Tu sais... Je m'en vais.
-Quoi?"
Elle, qui était impassible il y a quelques secondes, me lancent des regards affolés.
"-Je... Je repars en Allemagne. Pour la musique.
-Tu reviendras?"
À cette question, elle rougit. Je laisse échapper un sourrire.
"-Surement, j'ai pas vendu mon appart."
On reste silencieux pendant de nombreuses minutes à se regarder dans le blanc des yeux. Je brise ce regard et je sors 5$ dollars de ma poche. Je me lève et me dirige vers la sortie.
"-Attends..."
Je me retourne. Elle ecrase sa cigarette et augmente le son de la radio.
"-Ca veut dire quoi, "Freunde Bleiben"?
-Restons amis."
Je soupire en poussant la porte. Elle a éteint la radio.]
[Il se rend pas compte à quel point cette petite visite "surprise" me fait mal. Surtout pour me dire... ça. Il repart, en Allemagne, pour la musique. Il pousse la porte, et s'engage dans la rue. J'ai éteins la radio. "Restons amis". La phrase que tout le monde deteste pas vrai? Je le regarde disparaitre à travers les vitres. Lorsqu'il n'est plus qu'un point à l'horizon, je me lève d'un bond de ma chaise, je prends ma veste, et je sors du café en laissant un mot sur le comptoir. Tant pis si j'ai pas fini mon service, je suis incapable de travailler. Je sors une cigarette et je marche vers la plage. Mes pieds me ramènent à l'endroit de notre premier baiser. Je repars. Inconsciemment, je rentre dans la forêt. Quand je réalise que je suis assise sur "notre" banc, je sursaute et part en courant vers mon appart'. Des larmes me viennent aux yeux, je rentre en trombe dans le salon et je m'écroule en pleurs sur le canapé. Je m'allonge et allume la télé. Je tente de me concentrer sur un dessin animé innocent.
Mes les larmes redoublent et se noient dans le pot de glace au cookie.
Pourquoi la vie ne ressemble pas un conte de fée? Pourquoi je m'appelle pas Cendrillon? Pourquoi les histoires d'amour ne se finissent jamais bien?
Finalement, enroulée dans une couverture, je m'endors les larmes aux yeux.]
[Je ne me retournerais pas. Non. Je peux partir sans me retourner. Je sers mes poings et je marche aussi vite que possible. J'arrive au bout de la rue. Merde, j'ai jeté un coup d'oeil derrière moi. J'ai vu Carmen sortir du café.
Il est 15h30, il fait frais et il ya des nuages. Le ciel reflète parfaitement mon humeur. Je rentre dans mon appart' vide. J'allume la musique <Schrei> au maximum en boucle, pour m'empecher de réfléchir. Je range distraitement mes dernières affaires qui traînent. 3 valises bourées au maximum. Qu'est-ce que va dire mon frère? Je ris en prenant mon agenda quand une photo en tombe pour se glisser sous le lit. Je me penche pour aller la ramasser quand mon portable sonne.
"-Bill?
-Mui.
-Hallo, c'est Tom.
-Oh. Salut.
-Alors t'es prêt?
-Mui.
Je suis trop pressé, j'ai plein de choses à te raconter! ^^"
Mon frère est une vraie fille au téléphone: il continue de parler pendant 20 minutes. Je ne l'écoute que d'une oreille distraite, mais quand je raccroche, j'ai le cafard. Je veux pas partir...
Je soupire et part dans le salon pour essayer de fourrer mon agenda dans une des mes valises. Ah, mais attends, je faisais pas quelque chose avant? Je repars dans ma chambre et tente bien que mal de me glisser sous le lit pour récuperer la photo. Je le regarde à la lumière. Mon coeur se fend en deux et je m'asseois sur le sol, les genoux ramenés contre mon torse.
Une photo de Carmen et moi, prise dans la forêt. Elle rit, ses longs cheveux noirs brillent. Elle tient mes mains, tandis que je souris béatement en la dévorant des yeux.
C'est une gentille grand-mère qui a accepté de prendre cette photo.
Je souris tristement avant de la ranger précieusement dans mon agenda.
5h00. Je me lève, prend une douche rapide, m'habille, me prépare. 1h00 plus tard, je suis prêt. Je jette un dernier coup d'oeil à mon appart' avant de fermer la porte. Un mois avant, je faisais la même chose à Londres. Je pousse un gros soupir et je sors dans la rue, en essayant de trainer tant bien que mal mes trois valises. Mais je suis vraiment pas doué. Ya tout qui se casse la gueule. Je donne un coup de pied dans une de mes valises. Je m'asseois dessus en maugréant. Comme par hasard, il ya personne dans la rue pour m'aider...
Je retire ce que j'ai dit. Carmen se plante devant moi, un grand sourrire aux lèvres:
"-Besoin d'aide?"]
]Je me suis réveillé à 4h du matin. Je prends une douche rapide. Pas faim, je bois un verre de jus d'orange et je sors dans la rue. 5h du matin. Il n'y a personne. Je marche dans les rues desertes sas but précis. 6h00. Tiens, enfin quelqu'un. Quelqu'un qui s'enerve sur ses valises. Quelqu'un qui s'appelle Bill. Mes jambes manquent de me lacher quand j'aperçois son visage. Il s'asseoit sur une valise. Je respire un grand coup. Je vais aller le voir. Je m'approche et accroche un grand sourrire sur mes lèves:
"-Besoin d'aide?"
Il lève la tête et me sourit à son tour. Pas ce magnifique sourrire, nan. Je détourne la tête et m'empare d'une valise.
"-Tu tombes bien! J'ai pris trop d'habits!
-Tu vas où comme ça?
-En Allemagne.
-T'y vas à pied peut-être?
-Aaaah! À la station de métro [Ya des métros à Sydney? Et toi?
-Moi? Nulle part"
On reste silencieux. Je fixe la rue devant moi. Oui, je vais nulle part. J'ai aucun but devant moi. Ou si. J'accompagne Bill jusqu'au métro. xD
"-Merci de m'aider.
-Pas de quoi.
-Dis...?
-Humm?"
Je le regarde. Il est confus et ne me regarde pas dans les yeux. Le point derrière moi semble être plus interessant.
"-Oui?
-Euuuh... Nan, rien oublies.
-Si tu veux."
On descend les escaliers du métro, et il rentre dans la rame. On est seuls dans la gare. Il redescend.
"-Tu sais...
-Non, je sais pas, mais tu va me dire?"
Le train s'ébranle, il me souffle à l'oreille:
"-C'est dommage. Adieu.
-Adieu"
Le train est parti. Mon amour avec. Je suis seule sur le quai de la gare. La lumière se coupe.]

