Chapitre 15
[J'ai pas bougé depuis qu'elle est partie. Depuis combien de temps au fait? Aucune idée. Je sais pas où elle est mais c'est pas grave.
Je pensais qu'on repartait sur de nouvelles bases. Je pensais qu'on pourrait reprendre notre relation là où on l'avait laissé. Après tout, c'était qu'une erreur. Une erreur de ma part apparement. Tout est de ma faute d'après elle, si ya rien n'a marché. Peut-être qu'elle a raison, que si tout a foiré c'est à cause de moi. ?
Mais pourquoi, si elle pensait réellement ça, elle viendrait, ici, en Allemagne? Je pensais que peut-être, je dis bien peut-être, elle m'aimait encore. Même si elle savait que j'avais une copine. Que du mito cette histoire evidemment... Juste pour pas me défiler, pour pas lui avouer mes sentiments. Si je lui avais dis plus tôt que je l'aimais encore, si je lui avais dit ce soir là, je serais encore en Australie, avec elle. N'importe où d'ailleurs, mais avec elle.
Et je suis là, assis sur le carrelage de la salle de bains à fumer des cigarettes sans goût, a essayer de comprendre l'incompréhensible.
Me voilà bien.
][Mes larmes se sont séchés et je marche sans but dans cette ville que je ne connais pas. J'essaye de ne pas trop m'éloigner de l'hotel. En fait, je tourne en rond. Je regarde le béton sous mes pieds. Soudain, une goutte d'eau tombe sur ma nuque. Je m'arrête en plein milieu du trottoir, et je relève la tête vers le ciel. Il est chargé d'énormes nuages noirs, un éclair zebre le ciel, et un effroyable bruit fait sursauter les passants. De grosses gouttes d'eau tombe sur la route. Les gens se réfugient dans les magasins, en quelques secondes, je suis toute seule dans la rue. Un jeune couple manque de me faire tomber quand ils passent en trombe devant moi pour aller s'abriter. Je les observe quelques secondes, pendant qu'ils s'embrassent. Je ne sais pas si je pleure ou si c'est les gouttes d'eau. Je continue de marcher, sans but, mes vêtements sont trempées et je commence à avoir froid.
Qu'est-ce que je vais faire maintenant? Je veux rentrer chez moi, en Australie. Non, en Angleterre, je veux revoir ma mère, je veux qu'elle soit encore vivante pour me consoler, me conseiller. J'ai besoin qu'elle m'aide. Pourquoi on l'a tué? Je ne méritais pas ça...
Et puis pourquoi j'ai dit ça à Bill? Je le pensais? Peut-être bien que oui... Ou alors... Non, je le pense pas, je rejette la faute sur lui pour ne pas culpabiliser.
Pff... Nan, mais regardez où on est? Je pense que je l'aime encore, je suis venue en Allemagne, pour espèrer qu'il se passe de nouveau quelque chose, mais comme je suis débile profonde, j'ai raconté que de la merde, et je suis là, dans une rue, dans une ville que je ne connais pas, sous la pluie, sans savoir si je pleure, ou si c'est les gouttes d'eau qui glissent sur mon visage. Regardez-moi, je suis pathétique...
Tiens, il fait plus sombre, mais je ne sens plus l'eau. Je relève la tête. Je recule d'un pas.
"-Où vous allez comme ça Mademoiselle Turner? Je vous ramène chez vous Mademoiselle."
L'homme aux cheveux blancs m'observe sous son gigantesque parapluie noir.
"-Co-Comment vous savez mon nom??
-Mais je connais tout de vous Mademoiselle Carmen Turner.
-..."
Il se rapproche de moi, m'abritant sous mon parapluie. Il chuchote:
"-Vous avez peur Mademoiselle Turner?
-Je... O-Non... non...
-Vous devriez pourtant."
Mes jambes ne me portent plus et je tremble de tout mon corps. J'ouvre la bouche pour pousser un cri, aucun son ne sort de ma gorge.
Je rassemble toutes mes forces et je cours en direction de l'hotel.
][J'aime l'orage. C'est rassurant, je trouve. Pourquoi? J'en sais rien.
Accoudé à la fenêtre de la salle de bains,je ferme les yeux et inspire une nouvelle boufée de nicotine.
La sonette de la porte d'entrée retentit. La flemme d'aller ouvrir.
Apparement, celui ou celle qui sonne n'a pas la flemme d'appuyer sur le petit bouton. Je soupire, ferme la fenêtre et me traine jusqu'à la porte d'entrée.
"-Qu'est-ce qu'il y a?"
J'ouvre la porte, et reste sans voix quand je vois Carmen, trempée jusqu'aux os, le visage blafard.
Elle sursaute quand j'ouvre la porte.
"-Ca va?
-Désolé de te déranger, j'avais pas les clés."
Elle rentre dans la suite, et en quelques secondes, elle s'est enfermé dans sa chambre. J'ai même pas eu le temps de répliquer ou quoi que ce soit. Je referme la porte doucement et m'approche de sa chambre. J'entends l'eau de la douche couler. Bon, je vais préparer un café.
1h plus tard.
J'ai bu le café que je lui avais préparé. De toute façon, elle l'aurait pas bu, il est dégueulasse. Je regarde la télé tristement. Toutes les 5 minutes, une alerte enlèvement vient troubler la série débile que je suis en train de regarder. Plus morbide tu meurs. Je regarde par la fenêtre, il pleut toujours. De plus en plus fort on dirait. Je soupire et me lève. Je frappe à la chambre de Carmen. Personne ne répond.
"-Carmen? Ca va?"
Je n'entends.
"-Carmen, réponds moi!
-... Entres...."
Je pousse la porte en poussant un soupir de soulagement.
"-Ca-"
Je ne finis pas ma phrase. Carmen est assise à la fenêtre, ses jambes pendant dans le vide.
Je murmure pour moi-même:
"-Non, non, non... NON!"
J'ai hurlé le dernier mot.
Carmen n'a pas bougé mais je l'entends chuchoter:
"-Bill, ta gueule. Je vais pas sauter merde.
-Carmen..."
Je m'asseois sur son lit, prêt à bondir si elle tombe. Un silence s'installe.
Carmen sort un paquet de cigarette.
"-T'en veux une?"
Je me lève, elle se décale sur le rebord de la fenêtre. J'hésite avant de m'asseoir à côté d'elle. Une rambarde nous empêche de glisser. Je regarde la pluie tomber juste devant mes yeux, sans qu'elle m'atteigne. Presque comme Carmen. Elle est à côté de moi, mais je peux pas l'atteindre.
]["-Tu pensais vraiment que j'allais sauter?"
Bill se contente de regarder en face de lui. On surplombe la ville depuis la fenêtre, et la vue est magnifique.
"-Je sais pas... Oui..."
Je ferme les yeux et cache mon visage dans mes mains, après avoir balancé ma cigarette par dessus la rambarde.
"-J'suis désolé.
-...
-Pour tout ce que j'ai fait, tout ce que j'ai dit, tout ce que j'ai pas dit et pas fait... Pour tout..."
Des larmes me brûlent les yeux. Je les essuie rapidement et je me relève. Bill fait de même. Il ne dit rien et sort de ma chambre sans rien dire. Je referme la porte, et observe la fenêtre d'un regard noir.
Finalement c'était pas une mauvaise idée.
[[Je pourrais la prendre dans mes bras, le consoler, lui dire que tout ira bien, que je suis là et que je l'aime. J'en suis incapable. Elle est désolé pour tout. Moi aussi. Je rentre dans ma chambre sans un mot. J'ai une boule dans la gorge
[pas de pensées pervers par rapport au mot boule, SVP!], je ne veux pas me mettre pleurer.
Je tourne en rond dans ma chambre. 15 minutes plus tard, je m'écroule épuisé sur mon lit. J'enfonce mon visage dans l'oreiller, tant pis pour les traces de maquillage, tant pis s'il finit tout trempé.
Je suis réveillé par le claquement de la porte d'entrée. Je regarde l'heure, 19h.
Je me lève et me dirige vers la salle de bains. OULA! J'ai une tête de panda avec tout mon maquillage qui a coulé! Je me démaquille rapidement. Je regarde tout mon maquillage... Trop la flemme de me maquiller. Je vais dans le salon, c'est Tom qui est rentré.
"-Hallo! Il est pas avec toi Georg?
-Grumph... Nan, et heureusement!
-Euuh, ca va? ^^
-Nan, je sais pas pourquoi, c'était merdique aujourd'hui... Bref, et toi? ça a été avec Carmen?
-On est pas jumeaux pour rien."
Je m'asseois sur le canapé à côté de Tom. Je commence à parler en allemand.
"-Ce matin, vers 11h30, on s'est engueulé... Je... Elle m'a dit que c'était de ma faute si on était plus ensemble... Elle s'est barré de l'appart' après... Elle est revenue trempée... Et 1 heure après son retour, je suis allé la voir dans sa chambre, elle était à la fenêtre...
-Me dit pas que...
-Nan, nan, elle est pas... Enfin bon, elle m'a dit qu'elle était désolé pour tout...
-Et t'as fait quoi toi?
-Je... Je sais pas quoi faire justement... J'me suis barré sans rien lui dire...
-Aïe...
-J'aurais du lui dire quelque chose, hein?
-Ben... Ouais... J'suis désolé frangin...
-M'appelles pas comme ça! J'ai l'impression d'avoir 10 ans de moins que toi!
-Seulement 10 minutes! Mais c'est ça qui fait toute la différence! =D
-=P Donc, je crois que je suis dans la merde...
-Rooooooh, allez, ça va s'arranger!
-Qu'est-ce que t'en sais, toi? T'es tombé amoureux pour la première fois cette année, avant tu croyais pas en l'amour! En tant normal, tu m'aurais dit de la laisser tomber, si elle n'arrivait pas à voir "ma magnificience", c'est qu'elle était pas pour moi!
-J'ai pensé comme ça moi?
-Oui, depuis que t'es gamin j'te signale!
-Haaaarg, je te plains de m'avoir comme frère, j'étais pas trop doué à l'époque pour les conseils amoureux.
-J'tai jamais demandé conseil, c'est toi qui venais me voir, quand t'étais avec une fille qu'était amoureuse et accro à toi!
-Ah oui, et toi tu venais me voir quand t'avais besoin de conseil pour une one-night!
-Ouais! *rire*"
]["C'était le bon vieux temps, pas vrai?"
Je tourne la tête. Ah bah d'accord, il s'est endormi en plein millieu de la conversation! -_-'
Je souris et prend le plaid sur le fauteuil. Je vais pas le porter jusqu'en dans sa chambre quand même!
Je me dirige vers la cuisine pour me prendre une bière quand je passe devant le chambre de Carmen. Je peux peut-être les aider.
Je tocque doucement à la porte.
"-Bill arrêtes...
-C'est Tom."
J'entends des pas et la porte s'ouvre sur Carmen. Elle a des cernes énormes sous ses yeux tristes.
"-Bill s'est endormi dans le salon pendant qu'on parlait -_-' Ca va toi?
-Il t'a parlé de moi?
-C'est dur de pas faire autrement =S
-Mmmmmph...
-Si tu veux m'en parler, je suis là si tu veux...
-..."
Je lui adresse un sourrire et repart vers la cuisine.
"-Attends, Tom..."
][Il se retourne et m'adresse un grand sourrire.
"-Je... Euuuh...
-J't'attends à l'entrée, on a boire un verre dehors.
-OK."
Je me ferme ma porte et m'habille rapidement, je me recoiffe et prend ma veste.
Je passe dans le salon, et regarde Bill dormir. Il est pas maquillé mais toujours aussi bô.
Je sursaute quand Tom m'interpelle:
"-Tu viens? Ou tu continues de matter?"
Je rougis et le suit dans le couloir.
"-On va juste au bar de l'hotel, si ça te dérange pas. Sinon tu risques d'avoir ta photo dans tous les journaux si on nous voit trainer ensemble.
-D'accord."
On rentre dans l'ascenseur qui est bondé. Arrivé au rez-de-chaussé, je suis Tom jusqu'au bar. Il s'asseoit à une table pour deux.
"-Assis toi, je vais pas te bouffer. Tu veux quoi?
-Un whisky-coca.
-D'accord. Garçons, deux whisky-coca. SVP."
Le temps que les boissons arrivent, Tom me fixe sans rien dire. Je baisse la tête, troublée par son regard. Quand le serveur pose mon verre devant moi, je me jette dessus.
Tom boit une gorgée et me demande:
"-Alors? Qu'est-ce qui va pas?"
Je soupire et m'enfonce dans mon siège.
"-Ca dépend de ce que Bill t'as dis sur moi...
-On s'en fout de Bill pour le moment. Racontes, j'suis pas là pour te juger, juste pour t'écouter.
-Je..."
J'avale une gorgée du liquide frais puis, je prends une grande inspiration.
"-J'ai été abandonné à ma naissance, et adoptée par une anglaise, Sophie Turner. Quand j'avais 14 ans, elle a été assassiné. Persuadés que j'étais coupable, les juges m'ont envoyé en maison de correction. À 18 ans, on m'a libéré pour bonne conduite, et je suis partie en Australie. Je n'ai plus aucun lien avec l'angletterre dorénavant."
Je ferme les yeux et m'arrête de parler. Tom se tient toujours devant moi quand j'entrouvre mes paupières.
"-Promets moi que ce que je vais te dire restera confidentiel. Promets moi que tu ne diras rien à Bill.
-Promis, juré, craché."
Je lui souris et reprends mon récit.
"-Il y a 3 mois, j'ai rencontré Bill dans l'avion qui me ramenait d'angleterre, où j'étais aller voir la tombe de ma mère. Il a était depuis le début très gentil avec moi. On s'est revus par la suite dans le petit café dans lequel je travaille. 2 jours après on sortait ensemble. Il m'épaulait comme personne ne l'avait fait depuis longtemps, il était gentil, attentioné, marrant, sympa, et très bô.
-Il l'est plus maintenant?
-=), Ouais, bon, il est très bô! Bref... Et puis, un jour, Peter-mon patron- a fait des allusions louches par rapport à ma famille. Il faisait des confessiosn alors qu'il était à moitié bourré, et il en ressortait qu'il était mon oncle... Je n'en ai jamais parlé à Bill, je n'étais sûre de rien, et je ne suis toujours sûre de rien. Un soir, après que Peter ait fait des allusions à ma mère ou quelque chose comme ça, je ne suis pas allé chez Bill comme prévu. On s'est disputés. Et depuis, puis rien n'a plus été comme avant. Et un soir, on s'est de nouveau disputés sans raison, et on s'est séparés."
Je souris tristement à Tom qui me dit:
"-Et trois jours plus tard, il est parti en Allemagne.
-Oui... Et 1 mois et demi après, il m'a rappelé...
-Ah oui...
-C'est quand j'ai eu ma prime et ces jours de congés, mais j'ai l'impression que Peter ne voulait pas que je sois là... Il discutait avec un homme aux cheveux blancs, qui était habillé tout en noir. Peter semblant inquiet... Le lendemain, je téléphonais à Bill pour lui dire que je venais en Allemagne.
-Je me souviens de ce jour là, j'étais à côté de lui quand il tu lui as dit. Bill etait complètement barge, à courrir dans tous les sens!
-C'est vrai?
-Euuuh... C'est pareil, c'est confidentiel ce que je te dis!
-=) Bref... Et aujourd'hui me voilà, et... Il t'as surement dit ce que je lui ai dit.
-Ouais...
-Et, je suis partie, et dans la rue, j'ai vu cet homme aux cheveux blancs... Il était dans l'avion aussi... Il est bizarre, il connait mon nom et m'affirme qu'il sait tout de moi... Je... Il me fait peur...
-Très bizarre ce mec...
-Bref... J'tai tout dit."
Je replonge le nez dans mon verre. Il m'observe puis me demande:
"-La seule question que tu dois te poser c'est si tu l'aimes. ?"
Je le regarde stupéfait. Comment répondre à cette question? Je n'en sais plus rien.
"-Je... Je sais pas.
-Oui ou non Carmen? C'est aussi simple que ça.
-Oui."
Je finis mon verre et me lève de ma chaise.
"-Merci pour tout Tom, vraiment."
Je sors du bar et rentre dans l'ascenseur. Je m'arrête devant la porte de la suite. Je prends une grande inspiration et tocque à la porte.
[
Fin du Chapitre 15